Tibet 2008

Quelle sera la réaction de la Belgique face aux événements en Chine ? On sait que le COIB souhaite que ça se calme, mais considère qu’il faut y aller. La France bruisse d’appels au boycott de la cérémonie d’ouverture par les autorités. Et quid du Royaume ? Les politiques s’y mettent. M. Reynders fait comme le président français, Bert Anciaux Monsieur Sport du Nord lui n’ira pas aux festivités d’ouverture mais pas parce qu’il pense à boycotter la cérémonie, juste parce qu’il n’est pas très « protocole », ça fera plaisir aux opposants du régime. Les blogs sont plutôt silencieux. C’est Pâques.

La Chine elle en appelle à ne pas politiser les JO.

Depuis la sélection de Pékin comme ville hôte des Jeux on pouvait préssentir que le malaise serait certain. Un géant pareil ça se ménage et ça ne change pas vite. Or la politique de l’autruche, de la demi-mesure et du ménagement diplomatique prévalent avec l’Empire du milieu depuis une dizaine d’années. Surprise le Tibet se soulève, on réprime durement, on musèle la presse et YouTube. China as usual en fait.

Je n’y étais pas mais j’ai un sentiment de Berlin 36. On va parader en grande pompe chez ceux qui ne respectent pas les règles du jeu, les droits de l’homme, les fondements de nos sociétés démocratiques, mais c’est normal, car on les aide, on va les pousser à s’améliorer, à voir comment ils devraient évoluer. On sait qu’à Berlin ça n’a pas été le cas.

Ce qui me pose question c’est ce qu’en pensent les athlètes ? Ca leur plait d’aller défiler en Natan à la cérémonie d’ouverture ? En l’abscence des politiques, dans un air pollué et une société opprimée est-ce mieux ? Ca rime à quoi ? A pas grand-chose en soi mais personne ne semble leur donner la parole pour l’instant.

Si c’est sans doute l’occasion de mettre en lumière, non pas les créateurs belges (la princesse Mathilde s’y emploie assez bien), mais les distorsions de la société chinoise, de militer, ce n’est sans doute pas dans les habitudes des sportifs. Ni des politiques et je suis curieux de voir quelles seront les actions de nos représentants. Vont-ils manifester une solidarité avec l’une ou l’autre cause ? Est-ce permis ? Vont-ils être absents ? La politique de la chaise vide ne donnera rien à voir, rien à transmettre. Avec max 88 athlètes et une kyrielle de politiques on devrait pouvoir faire un « happening » militant. Mais peut-être que cela n’entre pas dans les convenances de ce genre de mascarade.

Chez Amnesty le site IsaveLives.be reprend les actions en cours autour des JO et de la Chine.

9 réflexions sur « Tibet 2008 »

  1. Au sujet d’un boycott, je pense que cela ne ferait que vexer le peuple chinois qui embrigadé dans la propagande du parti ne comprendrait pas la position du reste du monde.
    Allons à ces jeux, c’est une tribune incroyable pour s’adresser au peuple chinois.
    C’est à lui qu’il faut s’adresser, pas au parti.

  2. S’adresser au peuple Chinois ?

    Mais tous ces sportifs sont tellement cernés par les contrats en tout genre qu’aucun n’osera prendre la parole (ou même boycotter) de peur de voir sa carrière ruinée par des intérêts financiers.

    Vous pensez réellement que ceux qui seront dans les tribunes seront représentatifs du peuple Chinois ? Pour ma part je pense que les chinois qui seront assis là, seront de gentils membres bien obéissants du Parti, les autres ne verront des jeux que ce que la télévision nationale voudra bien leur montrer avec léger décallage.

    Encore une fois on confronte finance et droits de l’homme. Et Dieu sait ce qu’un Président ou un Ministre ferait pour vendre du TGV ou protéger son industrie textile…

  3. « Les Athlètes Français s’expriment… » … en prenant une position aussi tiède qu’un thé anglais servi à Hong-Kong.

    Je serais curieux de voir si ces athlètes continueraient à vouloir aller aux Jeux si leurs sponsorts se retiraient de ceux-ci en soutient au peuple tibétain.

  4. @Choc : Le dilemme que tu esquisses est bien celui qui m’intéresse. Comment en tant qu’athlète se positionner ?

    Le sportif il bosse pour gagner des centimètres, des secondes, être au top, écraser les autres, le voilà porte drapeau d’une démocratie, d’intérêts économiques/publicitaires et au final acteur d’une mascarade à laquelle il ne peut échapper.

    Il va donner le meilleur de lui même dans un pays ou ce spectacle occulte une réalité sociale / écologique hautement discutable. Comment il se sent l’athlète ? Il se dédouane en posant un geste ? Il pétitionne à la française ? Qu’est-ce qui est souhaitable ?

  5. Denis, je présume que l’athlète se rend quand même bien compte que les J.O. de Pékin ne sont, et ce depuis le début, QUE politique pour le gouvernement Chinois et ne reflètent en rien la beauté de quoi que ce soit.

    Des J.O. organisés par le gouvernement Chinois, représentent autant l’essence de l’esprit sportif qu’Electrabel représenterait l’écologie en appelant une de ces centrales atomiques « Greenpeace ».

    Oui, le sportif s’est préparé pendant des années pour cet évènement, oui, c’est pour bon nombre un tremplin formidable afin de se faire connaitre dans leur catégorie, et oui il y a des risques de voir sa carrière réduite à néant pour avoir osé, une fois dans sa vie, prendre position pour une juste cause.

    Mais risque-t-il autant qu’un Tibétain, qu’un Ouighoure, qu’un quelconque dissident ?

    Rester en retrait sous couvert du « c’est pas bien ce que vous faites au Tibet vous savez, mais nous venons quand même » en espérant que d’autres, comme Piotr Nurowski, prendront une position ferme, c’est refaire exactement la même chose qu’en 33 ou en 36.

    C’est aussi LE problème général de notre époque, tout le monde compte sur quelqu’un dont c’est le travail pour que celui-ci prenne position, réagisse, ou intervienne.

    Dans la vie on est bien souvent plus qu’un simple « je ne suis que… ».

    Personnellement je préfèrerais me voir interdit d’entrée sur le territoire Chinois en ayant joué de ma position de « personnalité » afin de montrer l’exemple à ceux qui justement me prennent pour tel.

  6. Silence complice ou bravade suicidaire…. joli dilemme.

    Elles vont faire quoi nos sprinteuses et nos sauteuses en hauteur, que feront nos nageurs et quid du tennis, de l’équitation, de l’escrime… On les voit plus souvent vendre des pizzas que soutenir Amnesty.

    J’ai donc le même pessimisme quand à la liberté qui sera laissée aux athlètes et à l’impact d’une quelconque action.

  7. La question aux sportifs est importante. Mais on répondra certainement :
    « Ca n’a rien à voir, c’est du sport ! »

    Comme un président en voyage en Chine, qui fait signer des contrats :
    « Ca n’a rien à voir, c’est du business ! »

    C’est complexe et à la fois très simple.
    Les JO c’est aussi une zone publicitaire remarquable pour tous les sponsors.
    En gros c’est toujours une histoire d’argent.

    http://animal-penseur.blogspot.com/2008/03/aidons-le-tibet-merde.html

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