Les atavismes postaux à l’ère électronique

Je suis toujours surpris par les réflexes, les pratiques jamais mis en doute, les évolutions bâtardes entre ce qui se fait et ce qui se faisait. Petit coup d’œil sur la communication écrite précédemment qualifiée de postale en cette fin de décennie.

Le service de recrutement

Pratique héritée du temps où les interactions avaient un coût postal (la machine à écrire, la feuille, l’enveloppe, le timbre et la salive de l’employé) nombre de services de recrutement de grandes entreprises ne donnent aucun suivi aux candidatures qu’elles reçoivent sous forme électronique.

Si l’on pouvait comprendre que l’envoi d’une lettre type indiquant l’absence d’intérêt pour une candidature était une politesse onéreuse, on peut se demander pourquoi c’est toujours le cas avec un média gratuit ? Pourquoi des employés acceptent de passer pour des malpolis, des incompétents de l’email au nom d’une pratique désuète ?

Formulaires, emails, ces canaux restent sans réponse. Le candidat est laissé à l’attente. Alors qu’il aide à une gestion des candidatures facilitée (pas de manutention) il espère un traitement rapide et transparent de sa candidature, illusion ! S’il ne convient pas sa candidature ne reçoit pas plus d’égards qu’un vulgaire spam.

A quand un site web bien polémique extension de LinkedIn qui donnerait la possibilité de jauger la sociabilité d’une société, pas à la présence online de ses campagnes mais bien à l’aune de son implication dans les échanges avec les gens ?

Le service de collecte des taxes régionales

Voici un bel exemple de modernité mixte. Il est possible de demander l’exonération d’une taxe par email. Dans un délai de 48 heures un accusé de réception et de suivi est adressé. On y indique que la décision du fonctionnaire compétent sera transmise via courrier.

Le délai de traitement est à la hauteur de la réputation de l’administration et dépasse largement la date de paiement prévue pour la taxe mais au moins le service est proposé et confirmé de bout en bout de la chaîne.

Facilité d’accès et d’interaction d’un côté, processus légal et administratif à souhait de l’autre.

Le collègue sur-prévoyant

Avant il y avait dans les grandes entreprises un service de courrier interne, permettant de faire suivre plis, dossiers, colis à un collègue d’un autre service. Souvent on décrochait le téléphone, on composait l’extension du collègue pour le prévenir du fait que l’on avait mis au courrier interne tel article, tel document. Histoire qu’il n’oublie pas de passer devant sa boîte, son bac et assurer un suivi rapide de la tâche liée au document.

A l’heure actuelle certains téléphonent voir se déplacent pour prévenir de l’envoi d’un email. Ils trouvent nécessaire de capter l’attention du récipiendaire au moment de la réception du message. Cette pratique qui consiste à venir dire « Je t’ai envoyé un email », me fascine toujours. Doublement irritante ou inutile elle prend souvent de court le récipiendaire qui remarquera à la lecture du message que toute l’info y est et que l’email inclut une large liste de distribution à caractère hiérarchique et sert de prioritisation implicite. Que cherchent-ils donc ces sur-communicateurs ? Une sur-réaction ?

 

Vous avez d’autres exemples de ces pratiques mixtes, en évolution, rétrogrades ?

 

Photo : Vous avez du courrier par Mamzel*D

1 réflexion sur « Les atavismes postaux à l’ère électronique »

  1. L’atavisme n’épargne pas les ceux-là mêmes qui vivent du média électronique. J’essaye depuis plusieurs semaines de faire modifier par téléphone et par email le contrat d’un client commun avec une société bien connue de mesure d’audience web dont le nom commence par Ned et se finit par Stat mais c’est la mort dans l’âme que j’ai finalement dû me résoudre à envoyer un courrier PAPIER nécessaire à leur ‘procédure interne’. Un peu comme si les employés de chez Peugeont n’avaient pas l’autorisation de rouler en voiture parce que c’est trop dangereux ou que ça pollue.

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