Notes classées sous médias

Sonuma et vogue le paquebot

Samedi, 5 juillet, 2008

Ça y est, un cadre est trouvé pour numériser et exploiter les archives de la RTBF.

Le projet annoncé est enfin concrétisé.

J’ai depuis mes études d’INFODOC (gestions de l’information, archives, etc.) en ligne de mire le jour où le travail entrepris en 1996 pour conserver ce qui peut l’être ne visera plus la seule conservation du patrimoine mais aussi son exploitation à grande échelle.

On semble s’en approcher.

Pour se rendre compte de la complexité de gestion et de numérisation du patrimoine dormant sur les rayonnages des services d’archives de la RTBF, on consultera un document PDF publié en 2005 par Alain Goossens dans le cadre d’une conférence tenue au Mundaneum.

On notera l’urgence évoquée à l’époque de sauver 6000 heures d’archives menacées (on peut espérer que la mise en ligne de monexpo58.be prouve que le travail a été fait) et la nécessité aux yeux des proches du dossier de voir un partenariat public-privé mis en place pour assurer la viabilité du projet.

C’est là que cela se corse.

La société sera une SA et sera détenue (libérez-là ?!) à 50% par la Région Wallonne, 40% la RTBF & 10% la Communauté française. Où est le privé ?

Coût 24 millions d’euros en numéraire pour la Communauté et la Région (6€ par citoyen) et 16 millions en valorisation du matériel (supports d’archives et machines de lecture) donné par la RTBF.

Lieux d’implantation Liège. Le bébé s’appelle Sonuma (on retrouve la créativité patronymique des intercommunales des années septante, dans ce nom valise construit à partir de Société de numérisation des archives).

Un mois après les premières annonces le nom de domaine en .be et en .com et en tous les points est libre. Quasi un appel au cybersquattage qui dénote qu’au delà des enjeux financiers la conduite du projet n’est pas pleinement aboutie. Aucun des acteurs du dossier n’y a pensé avant de faire des risettes aux journalistes. Mais c’est sûrement un détail.

Si l’on peut se réjouir de voir entrepris un chantier trop longtemps laissé en suspens ou reporté, et espérer voir un site grand public et une plus grande exploitation des ressources disponibles, certaines questions restent ouvertes : avec 24 millions d’euros on peut selon les chiffres de 2005 numériser 65000 heures, quel est le patrimoine de la RTBF, est-ce assez ?

Quand peut-on espérer voir la première réalisation de l’entreprise ?

Quid du dépôt légal des images animées qui garantirait l’alimentation d’un fond de toutes les productions audio-visuelles du Royaume ou au minimum de son penchant francophone ?

Quid des archives d’autres institutions (Cinémathèque de la Communauté Française, etc.) ?

Si le sujet de la numérisation du patrimoine vous intéresse :

Google trends, presse & journalisme à l’AJP

Jeudi, 26 juin, 2008

Hier se tenait un débat de l’AJP/Bruxelles auquel Mehmet Koksal m’avait convié. Aussi sur l’estrade Baudouin Van Humbeeck, Ricardo Gutiérriez, Damien Van Achter qui animait les échanges

Je venais partager ma vision et mes analyses sur les relations que la presse entretient avec le web et particulièrement les blogs, ou pour voir plus large les conversations.

J’avais à cœur de rappeler que le web reste une fabuleuse opportunité pour les sociétés qui vivent de la production d’info.

Pour s’en convaincre il suffit de jeter un oeil au palmarès des sites d’info en Belgique pour constater que le numéro 3, 7sur7.be est un titre purement online qui n’est pas supporté par un format papier. S’intéresser sous d’un oeil comptable aux gros blogs de France et de Navarre.

Vu le cadre, les intervenants et le public nous nous sommes inéluctablement questionnés sur le rôle du journaliste dans ces bouleversements.

Dans un monde où les articles de presse sont des supports de conversation, où l’analyse se fait par le débat, ou la tour d’ivoire est suspecte et surtout dénigrée le journaliste peut-il se contenter d’écrire sans dialoguer ?

Si quelqu’un produit un écrit qui suscite des réactions, il doit, selon moi, suivre le débat, l’accompagner, y participer et le modérer.

Nombre des journalistes blogueurs le font, nombre d’autres le craignent car le cadre social n’est pas adapté ou que la hiérarchie ne comprend pas ou ne veut pas permettre que ces pratiques soient considérées comme du temps de travail à part entière.

Mais surtout personne ne les forme à ces usages, ces besoins, ni ceux qui sont journalistes, ni ceux qui tendent à le devenir.

Outre ces constats j’étais ravi d’entendre des questions volontaristes du style “Comment on choisi une plateforme?” et des remarques pertinentes du type, “un modérateur fait toujours plus de pages vues qu’un journaliste”, montrant à quel point ces fonctions sont complémentaires dans la chaîne de production et diffusion de l’info et que cela commence à se savoir.

Une BD de Shoob sur le débat

Ca bouge chez Rossel : archives gratuites et version mobile

Jeudi, 12 juin, 2008

Le site du journal Le Soir voit 2 de ses services repensés.

Archives

On serait tenté de dire “enfin !”. L’ouverture des archives à la consultation gratuite devrait drainer plus de revenus publicitaires que ne devait en produire les accès payants.

Un chouette plus c’est la possibilité de renvoyer vers un résultat de recherche avec une clean url du type http://archives.lesoir.be/rechercher/balencourt http://archives.lesoir.be/affiche/balencourt si vous voulez trouver tout ce qui concerne mon patronyme dans le journal vespéral. Pour chercher plusieurs termes séparez les avec un “+”

Mobile

Sortie officielle d’une version mobile qui est très agréable à consulter sur iPhone ou téléphone Symbian60. Il manque juste le dessin de Kroll.

RTBF.be relooké

Mercredi, 4 juin, 2008

RTBF betaLe site actu de la RTBF a connu un relooking et un changement de palteforme CMS. Ce qui donne à ce projet une portée très limitée à l’extérieur de l’institution, tout en étant le premier “gros” truc à sortir de la maison Reyers depuis l’arrivée de Fabrice Massin à la tête des éminences nouveaux médias et les restructurations de la production d’info qui avaient animé le renouvellement du mandat de M. Philippot.

Pour le look
Certains choix ne facilitent pas la lecture. La colonne des dernières dépêches est ornée d’un fond particulièrement perturbateur pour la lecture.
beurk
Un coup de AdBlock et la zone est utilisable.

Le player vidéo est minuscule, sa version “pop-up” gratifiée d’un habillage Star Trek cheap et la version full-screen semble être encodée pour passer sur vidéo gag…

Pour le CMS

On est sur du Drupal, mais rien de bien folichon n’est mis en place. Pour les plus l’indexation des news de la RTBF va connaître un boost qui lui faisait cruellement défaut.

Par contre on déplorera la timidité dans l’usage des taxonomies. On peut voir que les concepteurs ou la rédaction n’ont pas encore pleinement intégré le fonctionnement et la force du CMS qui est entre leurs mains. On est dans un site construit sur une arborescence, on navigue de rubriques en catégories, même si celles-ci sont présentées comme des tags. Ils n’en sont pas : trop génériques, proches des rubriques de routing de Belga, rien sur les noms des personnes dont on parle dans les dépêches, rien sur les dossiers chauds du moment : BHV, Lait, FAO

Pauvre.

La rédaction des titres et des chapeaux n’est pas pensée pour être une consommation en ligne. Trop longs.

Où sont les blogs des services d’info des radios et des chaînes ? Genre sport ? Genre interview du matin ?

Pour les couacs

Avec plus de 75000 abonnés à son flux RSS sur iGoogle et une transition qui ne fonctionne pas voilà des habitués qui vont être heureux de ce changement.

Pour faire du neuf et perdre l’existant on aurait pas fait mieux.

En fait rien ne change

La RTBF garde un site de diffusion d’info, des vieux sites pour ses chaînes, et promeut des vidéos déjà disponibles par ailleurs. Voilà qui n’est pas de nature à apporter un nouveau souffle au site ou de contrer le dynamisme de la concurrence commerciale.

On peut donc espérer que la production d’information sera rendue plus simple pour les équipes éditoriales, parce que de ce côté-ci de l’écran ce n’est ni mieux ni plus simple ni plus riche.

Des commentaires plutôt acerbes sont à lire ches les plurkeurs belges

BHV & twitter, j’en parlais hier…

Vendredi, 9 mai, 2008

… la RTBF en fait un sujet aujourd’hui…

En prenant un mètre de recul par rapport à l’événement, il serait bon d’analyser pourquoi une part de l’audience avait pris le parti de ne pas médiatiser sa compréhension de l’événement?

A savoir se coltiner l’édition spéciale du JT de RTL-Tvi ou l’émission spéciale de la Première, contre le streaming de la chambre et les commentaires de pairs. Choisir plutôt que les interrogations pas plus, pas moins documentées que celles des pros (que va-t-il se passer ? comment ça tourne ?), la zwanze, les coups de gueules, ou les exclamations de ses concitoyens.

Pour ma part je l’ai fait car cela me donnait l’avantage de ne pas choisir de camp linguistique (le flamand twitte aussi sur le même site, les journalistes pas). Le média social instantané, le dialogue citoyen sur l’événement en marche, est une nouveauté qui a révélé le besoin de plus d’interactivité encore entre les témoins d’un événement, le plaisir de l’effet de groupe, fut-il virtuel. Voir qui réagit, qui postule telle ou telle chose, qui pense quoi ou comme moi…

Le hic pour les médias est évidemment d’ajouter de la valeur à un événement qui se déroule en direct, n’est pas soumis à des droits de retransmission et est accessible à tous en direct, à l’heure où le commentaire est si facilement partageable.

La radio ou le journal qui livebloguent, les solutions mises en place par Mateusz Kukulka & Damien Van Achter, si elles permettent de fixer les témoins sur des pages précises, ne donnent malgré tout pas l’ensemble de l’info à un seul endroit. De plus les journalistes restent prisonniers de leur média premier. Ils avaient sûrement à produire, modérer, faire autre chose qu’ajouter de l’info tout au long du jour. Peuvent-ils nous éclairer ?

RTL avec les images et son spécialiste n’a pu fédérer la communauté et n’a suscité l’intérêt que durant le temps d’antenne. Le dispositif n’a pas été maintenu au delà de l’adoption de l’ordre du jour. La RTBF en jouant la carte radio pouvait déborder à loisir consacrer le temps d’antenne, mais la mise en onde souffrait du nombre d’intervenant (parlementaire, traducteur, commentateur = brouhaha). Images brutes plus twitter (ou liveblogging si on aime se faire modérer) semblent être la solution la plus complète.

Il faudrait juste militer pour pouvoir “embeder” le player vidéo de la chambre.

Le Soir Mag : couronne, pipoles et petites pépées.

Lundi, 14 avril, 2008

Logo SoirMagVoici que Le Soir Mag connait une déclinaison web.

Si la “saga” des de Belgique mâtinée de Boël vous laisse froid, que les photos de filles en tenues légères ce n’est pas votre truc et qu’en plus George Clooney et Terri Hatcher vous les préférez acteurs que pipoles, le Soir Mag n’a pas beaucoup à offrir.

Sinon évidemment c’est pour vous, alors pensez à prendre un boîte de kleenex, l’émotion ça tache.

m24.be, Mediafin vulgarise l’argent

Mercredi, 26 mars, 2008

M24 Je consulte depuis peu le site Money24 de Médiafin (Tijd, Echo) .

Je suis assez sensible à l’approche éditoriale qui tend à vulgariser l’argent. Investissement, fiscalité, emploi une belle brochette de sujets à se mettre sous la dent, le tout à base d’articles Belga ou Echo remis en forme pour être accessibles au plus grand nombre. Nombre d’articles sont affublés d’une vidéo d’illustration (voir ou revoir Reservoir Dogs après un article sur Starbucks, étrange isn’t it ?) qui donne soit une plus large information sur le sujet traité soit une prise sur l’univers de référence des journalistes.

Le ton docte mais cool n’invite pas encore à l’interaction, même si tout est techniquement prévu pour.

De l’air du temps et du changement d’air

Vendredi, 14 mars, 2008

Sur la Première, Didier Delafontaine qui lit des extraits des articles du Soir sur le point de vue des Nations Unies et de l’Europe au sujet du “wooncode” flamand.

Mon véhicule frôle la limite d’Evere et de Sint-Stevens-Woluwe, direction le garage il faut mettre de l’huile et remplacer le verrou de mon réservoir qui refuse obstinément de s’ouvrir. Les objets deviendraient-ils sages ?

Mon concessionnaire de luxe ne propose toujours pas le wifi à ses clients, le café lui est toujours gratuit. En attendant le taxi qui va venir me chercher pour me conduire sur mon lieu de travail (4 départs en moins de 2 mois, il y a comme une baisse de moral) je parcours le Standaard du jour Echoué comprisqui sans aucune surprise révèle que 3/4 des étudiants flamands ne comprennent pas le français. Le dessin me fait peur.

Dans le taxi entre une discussion sur les cambrioleurs et la fiabilité des automobiles allemandes, je compulse la page Fiscalité (p.100 merci la fonction zoom de flash) du Trends du jour qui m’apprend que la taxation sur les voitures de société sera liée à leur production de CO2. Selon l’expert l’utilisation des taxis serait elle aussi soumise dès le 1er avril à la taxe. Vont-ils nous donner des vouchers CO2 les taximen ?

J’arrive au pied du bâtiment de mon employeur, un superbe Boeing peint en vert vire sur son flanc gauche direction plein Sud. Sous-lui et ses turbines 3 barres de 10 étages. Chacune doit comprendre 80 à 120 appartements. Le vrombissement ne fait pas vaciller les volutes de fumées de l’incinérateur. Au loin la coupole du palais de Laeken, étincelle sous le soleil de mars.

Ce sont mes dernière heures à Bruxelles pour quelques jours. Il parait qu’à mon retour nous aurons un gouvernement.

Intermédias

Mardi, 4 mars, 2008

L’émission c’est pour lundi prochain. Mais le site (un Ning de belle facture) est déjà ouvert à tous.

La vidéo des répétitions est une belle mise en boîte du off du show par Barbara Delbrouck et Nicolas Pirlot

Alain Gerlache et Damien Van Achter y parleront médias, tous les médias. Damien, d’ailleurs, fait appel à nous pour l’aider à boucler sa rubrique mensuelle : qu’est-ce qui s’est passé sur le web en février ?

Guardian.co.uk s’offre un facelift

Lundi, 11 février, 2008

Commentée succinctement par son éditrice,  la nouvelle version du Guardian (le premier journal a avoir poussé ses scoops en ligne plutôt que vers les rotatives) donne à voir de la vidéo en homepage (Amy la reine des Grammys) , une mise en avant des images en tête de chaque rubrique, un design sur 4 colonnes.

 A l’intérieur une navigation par catégories qui donne aux fanas des crimes à l’anglaise, de l’OTAN ou d’autres sujets une vue complète des articles disponibles, un flux RSS sur le sujet et des dossiers de fond.