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Sonuma et vogue le paquebot

Ça y est, un cadre est trouvé pour numériser et exploiter les archives de la RTBF.

Le projet annoncé est enfin concrétisé.

J’ai depuis mes études d’INFODOC (gestions de l’information, archives, etc.) en ligne de mire le jour où le travail entrepris en 1996 pour conserver ce qui peut l’être ne visera plus la seule conservation du patrimoine mais aussi son exploitation à grande échelle.

On semble s’en approcher.

Pour se rendre compte de la complexité de gestion et de numérisation du patrimoine dormant sur les rayonnages des services d’archives de la RTBF, on consultera un document PDF publié en 2005 par Alain Goossens dans le cadre d’une conférence tenue au Mundaneum.

On notera l’urgence évoquée à l’époque de sauver 6000 heures d’archives menacées (on peut espérer que la mise en ligne de monexpo58.be prouve que le travail a été fait) et la nécessité aux yeux des proches du dossier de voir un partenariat public-privé mis en place pour assurer la viabilité du projet.

C’est là que cela se corse.

La société sera une SA et sera détenue (libérez-là ?!) à 50% par la Région Wallonne, 40% la RTBF & 10% la Communauté française. Où est le privé ?

Coût 24 millions d’euros en numéraire pour la Communauté et la Région (6€ par citoyen) et 16 millions en valorisation du matériel (supports d’archives et machines de lecture) donné par la RTBF.

Lieux d’implantation Liège. Le bébé s’appelle Sonuma (on retrouve la créativité patronymique des intercommunales des années septante, dans ce nom valise construit à partir de Société de numérisation des archives).

Un mois après les premières annonces le nom de domaine en .be et en .com et en tous les points est libre. Quasi un appel au cybersquattage qui dénote qu’au delà des enjeux financiers la conduite du projet n’est pas pleinement aboutie. Aucun des acteurs du dossier n’y a pensé avant de faire des risettes aux journalistes. Mais c’est sûrement un détail.

Si l’on peut se réjouir de voir entrepris un chantier trop longtemps laissé en suspens ou reporté, et espérer voir un site grand public et une plus grande exploitation des ressources disponibles, certaines questions restent ouvertes : avec 24 millions d’euros on peut selon les chiffres de 2005 numériser 65000 heures, quel est le patrimoine de la RTBF, est-ce assez ?

Quand peut-on espérer voir la première réalisation de l’entreprise ?

Quid du dépôt légal des images animées qui garantirait l’alimentation d’un fond de toutes les productions audio-visuelles du Royaume ou au minimum de son penchant francophone ?

Quid des archives d’autres institutions (Cinémathèque de la Communauté Française, etc.) ?

Si le sujet de la numérisation du patrimoine vous intéresse :