Archives mensuelles : juin 2008

Google trends, presse & journalisme à l’AJP

Hier se tenait un débat de l’AJP/Bruxelles auquel Mehmet Koksal m’avait convié. Aussi sur l’estrade Baudouin Van Humbeeck, Ricardo Gutiérriez, Damien Van Achter qui animait les échanges

Je venais partager ma vision et mes analyses sur les relations que la presse entretient avec le web et particulièrement les blogs, ou pour voir plus large les conversations.

J’avais à cÅ“ur de rappeler que le web reste une fabuleuse opportunité pour les sociétés qui vivent de la production d’info.

Pour s’en convaincre il suffit de jeter un oeil au palmarès des sites d’info en Belgique pour constater que le numéro 3, 7sur7.be est un titre purement online qui n’est pas supporté par un format papier. S’intéresser sous d’un oeil comptable aux gros blogs de France et de Navarre.

Vu le cadre, les intervenants et le public nous nous sommes inéluctablement questionnés sur le rôle du journaliste dans ces bouleversements.

Dans un monde où les articles de presse sont des supports de conversation, où l’analyse se fait par le débat, ou la tour d’ivoire est suspecte et surtout dénigrée le journaliste peut-il se contenter d’écrire sans dialoguer ?

Si quelqu’un produit un écrit qui suscite des réactions, il doit, selon moi, suivre le débat, l’accompagner, y participer et le modérer.

Nombre des journalistes blogueurs le font, nombre d’autres le craignent car le cadre social n’est pas adapté ou que la hiérarchie ne comprend pas ou ne veut pas permettre que ces pratiques soient considérées comme du temps de travail à part entière.

Mais surtout personne ne les forme à ces usages, ces besoins, ni ceux qui sont journalistes, ni ceux qui tendent à le devenir.

Outre ces constats j’étais ravi d’entendre des questions volontaristes du style « Comment on choisi une plateforme? » et des remarques pertinentes du type, « un modérateur fait toujours plus de pages vues qu’un journaliste », montrant à quel point ces fonctions sont complémentaires dans la chaîne de production et diffusion de l’info et que cela commence à se savoir.

Une BD de Shoob sur le débat

Le temps des Belges analysé : time-use.be

Sur le site time-use.be sont publiés les résultats d’une enquête de plus de 6 ans sur l’emploi du temps des Belges. L’enquête est le fruit de la collaboration entre le groupe de recherche TOR de la Vrije Universiteit Brussel, la Direction générale Statistique et Information économique (DG SIE) du SPF Economie et la Politique scientifique fédérale

Le site permet de générer dynamiquement des tableaux sur base des données collectées et triées.

C’est pour le sociologue du dimanche un outil fascinant.

Il permet de cibler très précisément les habitudes d’une tranche d’âge de la population. On peut par exemple y apprendre que les jeunes filles de 12 à 17 ans de la Région Bruxelloise sont les plus accros à l’ordinateur. Elles y consacrent en moyenne 4h20 par semaine, près de 2 heures de plus que leurs camarades masculins.

Le communiqué nous apprend aussi que « 47 % du temps utilisé est du temps « reproductif », dédié à des activités directement liées à la reconstitution de notre corps (dormir et se reposer, soins personnels, manger et boire).

En comparaison, le temps dit « productif » (travail rémunéré, tâches ménagères, soins aux enfants ou encore éducation et instruction) est deux fois moins important : les Belges sont productifs en moyenne pendant 38h55 par semaine, soit moins du quart du temps disponible.

En moyenne, 17,2 % de la semaine (28h56) sont consacrés à des activités de loisirs, soit plus que le temps consacré au travail rémunéré. La majorité de ce temps libre est passé devant la télévision (2 heures et demie par jour). »

Les communicants belches ont un humour délicieux 😉

Les types d’utilisateurs de Facebook

Hier je discutais réseaux sociaux avec mes collègues. Comment les spécialistes du marketing du « premier portail belge » font usage du premier réseau social mondial?

Mon but était de connaître la manière dont ils utilisent Facebook. Avec pour objectif de typer leurs pratiques et tenter d’en tirer des généralités.

Comment vont-ils sur FB ? Mettent-ils leur statut à jour ? Taguent-ils des photos ? Uploadent-ils du contenu ? Acceptent-ils les invitations d’inconnus, de collègues, de leurs parents, de leurs chefs ? Créent-ils des groupes ?

Que ne suis-je sociologue !

J’ai donc pu distinguer 4 types principaux d’utilisateurs

  • les végétatifs
  • les e-réactifs
  • les présents passifs
  • les moteurs

Détaillons :

les végétatifs
Le végétatif a un compte Facebook, mais quel que soit l’évènement (un Poke de Dieu), les rappels (Dupont vous invite à installer Zombie vs Vampires), il n’ira pas voir.

Le végétatif y est sans y être. Les limbes du réseau sont son domaine. Habituellement le végétatif n’a pas de photo, a inversé nom et prénom, n’a que le Super Wall d’installé mais a pourtant des amis.
Je ne suis pas arrivé à percer ce mystère des amis, ils ne m’ont pas répondu.

les e-réactifs
Les e-réactifs réagissent toujours à une sollicitation par mail.
Un nouvel ami, une photo ajoutée et taguée notifiés par email voilà des raisons de visiter le réseau social.

Parfois l’e-réactif laisse un message comme on signe un registre de condoléance ou un livre d’or, avec la révérence idoine à la rareté du geste.

les présents passifs
L’utilisateur présent passif va sur Facebook de son propre chef, prendre le pouls.
Pas question de mettre à jour son statut, de poster une photo.

Par contre rejoindre un groupe, commenter une photo, pourquoi pas si cela ne demande pas trop d’implication, de suivi ou de mise en avant de sa vie privée. Certains doivent penser que Big Brother n’est jamais loin mais que la fréquentation de ses adorateurs (qui sont nos amis) est si pleine d’enseignements ou de plaisir.

les moteurs
Les moteurs sont des personnes qui n’ont aucun sens de l’intimité 😉 Mettent à jour leur statut, importent des notes, postent des photos, créent des groupes, invitent à tour de bras des amis.

Facebook leur sert de plateforme de diffusion pour leur marketing personnel. Ils sont les histrions qui amusent les présents passifs et drainent les e-réactifs.
Les végétatifs les ignorent mais ça ce n’est pas une surprise.