Nuage si peu délicieux

Au détour d’un slide et d’une rumeur voilà que Yahoo! annonce la mort de plusieurs services dont Del.icio.us et MyBlogLog particulièrement prisés de ceux qui se targuèrent d’être blogueurs.

Edit : l’info a été recadrée par delicious, il n’y a pas d’urgence

Pour parer au plus urgent voici quelques trucs et astuces glanés :

Si vous souhaitez sauvegarder vos bookmarks une commande mac/linux (pour windows installer cygwin shell) vous permet d’exporter l’ensemble de vos données au format xml :

curl https://{your username}:{your password}@api.del.icio.us/v1/posts/all > bookmark.xml

Delicious permet d’exporter en HTML ses bookmarks
Si vous souhaitez migrer vos données vers d’autres services voir ces 10 manières de procéder.

Plus fondamentalement c’est la pertinence du « cloud computing » que cette mésaventure pose.
La délégation de la gestion des ses informations/données au profit de services distants et centralisés dans l’espoir de pouvoir y accéder via différents points montre ici toutes ses limites. Soit que la rentabilité n’est pas au rendez-vous, soit qu’un bonne idée intégrée à une grande structure voit l’inventivité se scléroser. Alors l’application périclite et au final l’utilisateur est « perdant », spolié du temps investi à déléguer et privé de données qu’il a confié à d’autres.

Si je ne peux faire confiance à Yahoo! à qui puis-je confier mon CRM, mes fichiers, mes photos, mes back-ups ?

Demain quid de Flickr ?
Quid de la pléthore de services qui hébergent des pans de mon univers informationnel ?

N’hésitez pas à twitter la pétition de défense de Del.icio.us

5 réflexions au sujet de « Nuage si peu délicieux »

  1. Bonjour denis,

    l’équipe de delicious a confirmé qu’il ne fermerait pas (si facilement en tous cas).
    voir –> http://blog.delicious.com/blog/2010/12/whats-next-for-delicious.html

    si les données sont exportables proprement, il n’y a aucun problème je pense, à part celui de bousculer un peu nos habitudes.
    de toute façon, dans ce cas précis, yahoo n’ayant pas apporté grand chose à l’outil, la migration vers des outils proposant de meilleurs services se faisait sentir depuis longtemps déjà.
    pour ma part, cela fait plus d’un an que j’étais passé ailleurs.
    Le problème se pose plus pour le tissus social crée (moins facile à récupérer), que pour les données personnelles (facilement transférables).
    Il était aussi fort question de mettre libérer le code source de delicious et de laisser la communauté s’en charger. Bref…

    Je comprends ta remarque sur le « cloud computing », mais, elle il me semble qu’il y a un malentendu. II ne faut pas oublier que l’expression reprend simplement le fait de mettre un programme sur un serveur distant. Pour la plupart des utilisateurs qui n’ont pas l’utilité ou les moyen de se payer un serveur personnel, c’est assez pratique.

    Le « cloud » n’a pas grand chose avoir avec l’utilisation d’un service (social) gratuit/premium dont le propriétaire décide d’arrêter la mise à disposition.

    Si demain, la communauté WordPress arrête d’updater le CMS (comme avec mon bon vieux gregarius), à termes ça reviendra au même. Open source ou propriétaire, quand ça s’arrête, ça s’arrête (brutalement ou à force), mais ça ne remet pas en cause, me semble-t-il l’utilisation du « cloud computing » (ou alors il faut remettre en cause un certain système capitaliste etc. etc.).

    Laisser à d’autres le soins de gérer ses données est un risque évident, comme tout ce que les autres gèrent pour nous.

    Par contre, pour Benjamin Bayart référencer un article (qui peut en outre changer du jour au lendemain) sur l’opaquissime centrale Wikipédia (dont google est le principal donateur, ainsi que beaucoup d’entreprises dont les articles ne cessent d’être réécrits jusqu’à épuisement d’une communauté tout aussi opaque) m’interroge beaucoup plus. On le fait par facilité, c’est toujours pareil. Ca fait seulement quelques mois que j’essaie de ne plus le faire et parfois, c’est vraiment compliqué. C’est un peu du même ordre, on utilise des services par facilité, mais il y a toujours un prix à payer en fait.

    Rebref. je me suis mis à blablater. hahaha… tout ça ne doit pas être très clair pardon… je venais juste chercher ton flux rss pour mon boulot et ça a fini en pause.

    J.

  2. Merci Jacques de passer et de laisser une belle trace ! Procrastination prolixe !

    Un billet dans l’émotion sans doute un brin trop à l’emporte pièce mais qui questionne surtout la pérennité des systèmes utilisés. L’itinérance de services, de serveurs bien sûr possible, les romanos de la RAM, …. Dès que les données peuvent voyager c’est vrai que c’est moins suspect. Mais ces pratiques nécessitent cette petite dose de bricole qui rendent les communautés et les services novateurs hermétiques au plus grand nombre. Del.icio.us c’était aussi des bookmarkeurs à suivre et suivis depuis des lustres, là je sens que je vais me retrouver seul à découvrir de nouveaux horizons… encore 😉

    Concernant les wordpress et Bayart c’est bien le point de vue de la délégation centralisée et fermée, versus le code libre et disséminé qui depuis les début s’opposent. Cette facilité (pécuniaire, technique) ne doit pas occulter les fragilités qu’elle induit et qui ces dernières années avaient tendance à être gommées (chaque service est potentiellement une Bibliothèque d’Alexandrie… sauf Farmville). Dans le cas de l’open source un projet qui meurt je peux encore en éditer les sources sur mon serveurs à ma guise, un service distant je dois déménager ou repartir à zéro, la contrainte est plus évidente.

    Si les acteurs majeurs ne sont plus gages de stabilité, ne construisent pas une relation profitable avec leurs communautés, utilisateurs qui peut nous garantir un peu de répit numérique ? Au final un service gratuit risque de devenir suspect quant à sa longévité et aura tendance à nous rabattre vers des services de flicage établis (google, facebook).

    J’ai bien aimé lire ton article sur ta pratique de l’outil : http://www.digital-arts-numeriques-diary.be/2010/12/17/bookmarks-online-part1-liste-de-diffusion-sensitif-delicious/

  3. oui, je te l’accorde, c’était un peu à l’emporte pièce, parce qu’il y a beaucoup à dire et que les points de vues sont nombreux… venant chacun avec de bonnes raisons justifiées et justifiant l’angle d’approche. Mais je savais que tu allais reprendre tout ça bien en main.

    Néanmoins et je serai encore obligé de simplifier au maximum, il est 04h40 malgré tout.

    Je comprends bien que le cloud (mais ce n’est qu’un exemple) peut développer certains effets disons catastrophiques pour un certain Internet… mais j’ai tendance à ne pas vouloir critiquer les outils, car cela évite le sujet de l’utilisation ou de l’utilisateur. Le cloud est un outil. Il peut entraîner des dérives dangereuses, mais pour être francs, dès que mes données deviennent disons « sensibles », je les mets sur le serveurs d’un ami qui me garde une petite place au chaud. Lorsqu’elles deviendront vitales, je m’achèterais un serveur. Je peux partager des bookmarks sur delicious, des photos sur facebook, mais il ne me viendrait pas à l’idée de mettre mon trousseau de clés/adresses sur un service tiers d’inconnus que je ne connais pas. 🙂

    Comme je l’ai dit (et tu as également souligner le point), j’aime la discussion qui porte sur le problème du réseau social créé… etc. etc.

    pour ce qui est de l’open source… Je vois bien avec mon bon vieux gregarius. Il est entrain de me lâcher petit à petit. Ca commence à bugger à gauche à droite, je mets des rustines là où je peux… et puis je zieute ailleurs pour voir s’il n’y en aurait pas un autre tout aussi simple, mais avec une communauté et surtout quelques plugin en plus… on est vraiment plus beaucoup à l’utiliser. bref…

    Bon… me reste quelques heures de sommeil. je quitte ici.

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