Sauvons le net européen !

Les réseaux sociaux dormant

1 septembre, 2008

Beaucoup de monde s’extasie sur les possibilités de retrouvailles, de culture de la nostalgie, de collaboration qu’un Facebook peut offrir et des infinies possibilités de recrutement, prospection qu’un LinkedIn permet.

Toutefois ces deux mastodontes cachent un ensemble de possibilités, de réseaux préexistants qui sont sous-exploités, dormants, enfouis dans les arcanes d’un monde de papier. Le marché est sans doute trop jeune, les décideurs pas au courant, les acteurs à l’affut de repères anciens mais dont la notoriété n’a pas pâli.

A l’instar de ce qui se passait il y a plus d’une décennie l’innovation, le web, incompris, protéiforme, innovant fait peur, est perçu plus comme un danger qu’un allié, et ça bloque. Les mêmes mécanismes de frilosité ou d’esbroufe suicidaire sont à l’oeuvre à l’égard des médias sociaux et de l’exploitation de leur potentiel par des acteurs établis, le Royaume n’échappant évidemment pas à la règle.

On aura l’indulgence de ne pas pointer les initiatives du monde bancaire qui ne mènent pour l’instant à rien et de se focaliser sur des cibles qui en cette période de rentrée pourrait tirer parti d’une valorisation des réseaux qu’elles animent ou qui les composent.

On peut penser au monde universitaire, au FNRS et au FWO. Où sont donc les chercheurs belges ? Que font-ils ? Pourquoi n’est-il pas possible d’avoir une vue d’ensemble sur les labo, les thématiques, les liens entre entités ?

La recherche est une matière fédéralisée en Belgique, de nombreux crédits publics dans les deux communautés servent à supporter les efforts de la communauté des chercheurs. Or ces efforts en dehors des salaires et des infrastructures ne permettent pas de mettre en relation les unités de recherche, ne simplifient pas la vie des chercheurs ni leur rayonnement.

Les quelquefois où l’excellence défendue par ces organismes est perceptible dans les médias c’est parce qu’un prix récompense un tête chercheuse et que la télé est venue filmer le professeur Tournesol qui va nous faire du cerveau avec des cellules souches.

Que deviennent ces gens ? A qui sont-ils liés ? Que font-ils après ?

Internet était une émanation militaire, puis universitaire, le web le fruit de scientifiques. A l’heure actuelle trouver à lire, voir et savoir quelque chose du monde scientifique belge tient de la mission quasi impossible, tout est morcelé, épars. A quand une évolution ici, une Science 2.0 ?

On consultera avec fruit les initiatives anglo-saxonnes dans le domaine. Nature et son network, le Science Advisory Board et un blog qui traite exclusivement du sujet : SciTechNet.

A l’attention du FNRS et de ceux-qui s’en chargent, je ne vois aucune raison de respecter cet imbécile paragraphe “réglementaire” qui trône sur la première page de votre site. Vous vous prenez pour la STIB ?

En dehors des établissements de recherches dont bien entendu les universités qui collaborent avec le F.R.S.-FNRS, tout visiteur ou tout utilisateur s’interdit d’établir,
à partir de tout autre site, un lien vers le présent site, en ce compris l’une de ses pages internes, sans le consentement exprès du F.R.S.-FNRS.
Cette interdiction s’applique à toute forme ou technique de lien.



8 commentaires

  1. O_°
    ACO dit

    Ton avis est intéressant, Denis. Comme souvent d’ailleurs (Bing ! la fleur)
    Mais en faisant abstraction du cas “recherche scientifique”, et juste en se focalisant sur l’idée que les réseaux sociaux sont dormants, ne penses-tu pas qu’une crainte de leur exploitation réside dans l’encadrement commercial, le flou autour de l’utilisation/réutilisation des données, la perte de maîtrise de ce qu’on y met ?

    Est-ce que parce que ça a du succès, c’est d’office bon ?

  2. O_°
    Denis dit

    Chère Anne-Claire étant un grand utilisateur de divers réseaux pour diverses choses (de l’échange de stickers paninini au recrutement en passant par l’organisation de loisirs) j’ai bien du mal à envisager les raisons de l’abstinence. Je la constate, la déplore mais ne l’explique pas.

    Je sais toutefois que je suis fréquemment sollicité grâce à ces réseaux et à mon activité sur eux. Mais je n’y fais pas part de tout ce que je fais, de la moindre de mes pensées, je filtre, je trie, j’appâte, je questionne… et je reçois. C’est donc que je suis lu, vu, entendu. N’est-ce pas le rêve du scientifique que d’avoir un bon score bibliométrique (je caricature) ?

    Ma question se pose aussi au monde de l’entreprise, dans des entités complexes et multiples il m’arrive de rencontrer des collègues, des prospects, des fournisseurs en dehors de la structure, via des réseaux. Il est étrange que l’outil ne soit pas appréhendé, compris, envisagé, que les phénomènes de crainte de frein à l’innovation perdurent après une douzaine d’années de pratique.

  3. O_°
    Belgique: quand la peur du web rend les chercheurs invisibles : Entreprise Globale lie

    [...] est morcelé, épars. A quand une évolution ici, une Science 2.0 ?”, demande-t-il dans ce billet reproduit ci-dessous avec son [...]

  4. O_°
    Thomas dit

    Ça me fait exactement penser à une conversation que j’avais avec une chercheuse qui vient de se rendre compte que la recherche qu’elle mène vient d’être publié par un autre chercheur belge! Quel perte de temps, d’énergie et d’argent alors qu’il existe une multitudes d’outils pour palier à ce stupide manque de communication et de transparence.

  5. O_°
    Vendre Sur Internet En Abusant du Bon Pain… lie

    [...] Les réseaux sociaux dormant vendre sur internet vendre sur internet [...]

  6. O_°
    Cédric dit

    En France, on n’est pas mieux lotis : j’ai cherché à entrer en contact avec un chercheur en stockage de l’énergie au CNRS dont je connais le nom et le titre : c’était peine perdue. Je suis même passé par un copain qui travaille dans cette institution : nada. Quand on pense aux gains de productivité qu’il pourraient faire en utilisant intelligemment ces réseaux… Quel gâchis!

  7. O_°
    Monsieur M dit

    Je suis tout a fait d’accord avec ton point de vue…

    Je suis aussi un utilisateur assidu des reseaux sociaux et pourtant ca me raporte pas un kopek ! Ni en opportunité d’emplois, ni en echange réel autre que virtuel…

    L’interêt est de pouvoir méler ca a la vie réel. C’est dommage de voir qu’il y’a une fourmillière de ‘chercheurs libres’ appellons les comme ca, qui ne font que ca et qui n’ont pas pas toujours les moyens de rendre leurs vitrine plus attrayantes. Le nombre d’histoires qui se passent sur le web concernent malheureusement que ceux qui s’y interessent… Pourtant les questions que ces chercheurs, programmeurs, bidouilleurs partagent et echangent auraient un impact beaucoup plus interessant sur la société si elle l’ecoutait !

    Les premiers en liste sont les politiques qui a mon sens se degagent de plus en plus du discours du citoyen.

    Faudrait une baguette magique pour transformer ces ministre en Geeks ! Leurs place royale sur facebook et leurs blogs ne suffisent plus…

  8. O_°
    Denis au fil du web » Véronique Halloin à la tête du FNRS, enfin le 21e siècle ? lie

    [...] On peut espérer que cette quadra ulbéenne donnera corps aux désidératas et idées que je développais récemment sur les réseaux sociaux dormant. [...]

Laisser un commentaire

OpenID

Anonymous



Dernières Notes

EMCDDA : Fliquer les égoûts

Je vous parlais hier d’intelligence collective ou de collecte d’informations sur de larges groupes de personnes afin de mener de nouvelles analyses comportementales.
L’actualité européenne m’offre un bel exemple de mise en pratique : l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) présentait aujourd’hui un rapport sur les technique d’analyse des eaux d’égouts pour quantifier [...]

Podcast : interview par Pascal Claude

Voici le podcast de l’interview menée par Pascal Claude pour Matin Première.
La question centrale à laquelle François Lamotte et moi répondions était : “Pieter de Crem trouve la blogosphère dangereuse… Faut-il lui donner raison ? ”

 
 Pieter de Crem trouve la blogosphère dangereuse... Faut-il lui donner raison ? [4:02m]: Play Now | Play in Popup | Download (21)

Little Brother, le Big Brother social

Ce lundi Pascal Claude (RTBF – Matin Première) m’a interviewé en compagnie de François suite aux mésaventures de Pieter De Crem avec la blogosphère. Pieter De Crem était l’invité de Matin Première ce mercredi 3 décembre.
Sans doute parce que l’AFP a cité une de mes opinions pour étayer une dépêche.
Dans nos échanges je revenais sur [...]

Pieter De Crem & les blogs

Pieter De crem est un homme politique flamand, Ministre de la Défense, dont les déboires récents avec les blogueurs et particulièrement sa sortie au parlement sur le danger du phénomène des blogs; démontrent à quel point la génération politique actuelle ne prend pas la pleine mesure du monde et de la complexité à laquelle elle est confrontée.

Le bisou Carmex

View This Kiss

Chupacabra le mag

C’est la crise partout mais il sort un canard électronique.
Il a chié dans les bottes de la blogobulle depuis 2003 mais il monte un blog collaboratif.
Il a promis un auto-autodafé 2 fois (même si le 31 mars on y a pas cru), pas un blog n’a échappé à une de ses incarnations trollesques, [...]

Dead doudous : Tombe la neige

Vu rue Gustave Fuss à Schaerbeek le 23 novembre

Depuis quelques temps je photographie au GSM les doudous abandonnés, perdus, morts qui croisent ma route.

Tweetag - Browse the twittosphere

Un chouette outils d'exploration par filtrage de twitter. Un mot, puis une autre pour arriver à la crème de vos tweets. Une aide à la veille aussi.
Tweetag - Browse the twittosphere

YouTube - MontyPython’s Channel

"For 3 years you YouTubers have been ripping us off, taking tens of thousands of our videos and putting them on YouTube."
Yes !!!
YouTube - MontyPython’s Channel